Stage linguistique à Bergen

Par Timothée Lainé

Lors de l’été 2017 j’ai eu la chance de pouvoir participer à un stage de renforcement de langue organisé par l’Université de Bergen. Pour commencer je tiens à dire que sans l’aide de Trine Rørhus je n’aurais certainement pas pu partir. Elle m’a non seulement aidé à faire mon dossier de candidature mais elle l’a si bien fait que j’ai pu avoir accès à la bourse proposée par l’Université de Bergen et de plus elle m’a immédiatement prévenu lorsqu’elle a su que j’avais oublié de transmettre certains documents essentiels à la candidature. Donc n’hésitez pas à demander de l’aide si vous voulez candidater, et soyez moins bête que moi, pensez à envoyer tous les documents.

Je suis donc resté un mois complet en été à Bergen dans l’une des chambres des logements universitaires. Cette expérience a été positive en tous points et je la referai sans hésiter si j’en avais l’occasion. Et pourtant elle a commencé dans le stress le plus total. A peine descendu de l’avion le ton est donné : il pleut. A partir de là tout va mal : je ne comprend pas les gens et ils ne me comprennent pas, je rate mon arrêt de bus et je tourne environ 1h30 sous la pluie pour réussir à trouver les logements universitaires, et quand je les trouve enfin les responsables du stage ne parle qu’en norvégien, pas un mot d’anglais, ce qui m’oblige à acquiescer sans vraiment comprendre ce qu’on me dit et a pour résultat que je tourne encore en rond pour trouver le bon logements parmi les cinq immeubles qui constituaient le bloc des logements universitaires. Finalement, je trouve enfin l’endroit ainsi que deux autres personnes qui sont ici pour les mêmes raisons que moi. Alors c’est la libération, j’ai trouvé le bon endroit, et des gens qui me comprennent après des heures de recherche. Je m’installe dans ma chambre et m’écroule pour dormir.

Et bien malgré cette arrivée qui fut pour moi complètement apocalyptique, j’en garde un excellent souvenir. Les points positifs sont si nombreux qu’ils sont difficiles à tous citer. Pour commencer mon niveau de norvégien a été multiplié par beaucoup. Avant cela je ne pouvais pas vraiment tenir une conversation. Maintenant, même si je ne parle pas si bien que ça je peux au moins me faire beaucoup mieux comprendre et comprendre ce que l’on me dit. Cela n’aurait certainement pas été possible, en tout cas pas aussi vite, si je n’avais pas été plongé de cette manière dans le pays et que je n’avais pas été obligé de parler norvégien. Et oui, absolument pas d’anglais même entre les élèves. Évidemment parfois on y retournait quand même lorsque l’on n’arrivait vraiment pas à dire quelque chose mais c’était très rare. Cela a été possible grâce à tous les élèves qui eux parlaient très bien norvégien, certains vivaient même en Norvège, qui prenaient toujours le temps d’expliquer les mots ou les phrases que quelqu’un ne comprenait pas. Et je crois que c’est l’une des forces de ce stage linguistique, en mélangeant des gens qui parlent extrêmement bien le norvégien avec d’autres qui le parlent moins bien, le niveau global montait vraiment. La première semaine était un peu difficile mais rapidement nous parlions tous ensemble en norvégien. Et c’est l’une des choses les plus gratifiantes du monde. Se rendre compte que l’on réussit à avoir des discussions sans problèmes sur des sujets variés quand une semaine avant on n’arrivait pas à demander son chemin est réellement une sensation grisante.

Bien sûr un autre point très important de ce stage était de pouvoir vivre la culture norvégienne de l’intérieur. Voir les fjords, partir en randonnée dans la montagne et passer un 14 juillet dans la neige, voir le soleil encore dans le ciel à minuit, manger une pizza Grandiosa, toutes ces choses qui font partie de la culture norvégienne et que l’on ne peut pas vraiment comprendre si on ne l’a pas vécu soi-même. Bien sûr les fjords sont magnifiques en photo, mais passer en bateau dans le Sognefjord et se sentir écraser par les montages qui l’entoure est une sensation que l’on ne peut pas rendre en image. Tout comme l’est le fait de marcher dans les montagnes près de Myrdal et de comprendre d’où viennent toutes les légendes de trolls, d’elfes et d’autres créatures de conte. Il est facile d’imaginer un ciel ensoleillé à minuit mais c’est une impression très différente de se rendre compte que l’apéritif que l’on prend avec ses amis dure en fait depuis beaucoup plus longtemps que prévu. Et enfin l’impression de manger du carton inhérent aux pizzas Grandiosa ne saurait-être rendu par des mots.

Et c’est ça que j’aimerais faire comprendre ici dans ces quelques lignes. On peut avoir l’impression de connaître la Norvège et sa langue quand on l’a étudié pendant une année ou plus, mais il est impossible de comprendre réellement ce que l’on a appris tant qu’on ne l’a pas vu de ses propres yeux. Ce stage à Bergen est une excellente opportunité pour cela, les organisateurs savent très bien ce qu’ils font et le font donc très bien. L’équilibre entre le temps passé en classe à apprendre la langue et le temps libre passé à pouvoir explorer le pays est parfait et l’on ne se sent jamais bridé. L’installation est excellente, les gens sont sympathiques, la nourriture est bonne, il y a un billard et les lits sont confortables, que dire de plus ? Si vous en avez l’occasion je ne peux pas assez vous conseiller de participer à ce stage pour pouvoir découvrir la Norvège autrement qu’en livre. Ce sera aussi l’occasion de comprendre l’expression « Det finner ikke dårlig vær, bare dårlig klær ».